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Discours du 11 novembre

Publié le par Talant Avenir

Commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918

Allocution De Gilbert Menut, Maire de Talant

Talant le 11 novembre 2013

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

Monsieur le Curé,

Monsieur le représentant des autorités militaires,

Il y a 100 ans la guerre n'allait plus tarder. Les haines entretenues depuis la désastreuse guerre franco-prussienne allaient à nouveau exhaler le trouble, les désastres et la mort contre les peuples européens.

La France, qui se croyait forte mais ne l'était plus ni matériellement ni intellectuellement. L'Allemagne qui se croyait forte et l'était mais pas au point de résister à une grande alliance.

Le Royaume-Uni, bref tous les peuples européens trop occupés à régler leurs comptes sans voir que le monde avait changé. La grande puissance était déjà l'Amérique, des idées nouvelles étaient prêtes à éclore en Russie. Le monde se faisait et se décidait déjà largement ailleurs qu'en Europe. En France, on remâchait les sombres débats du XIX° siècle, on se saoulait de grandes idées et de petits abandons. Depuis le Second Empire tué par la Prusse, la République et les idéologies allaient faire maquer à la France l'évolution du monde.

Je crois que l'on a jamais, depuis, tourné la page entre une histoire rayonnante et des idéaux successifs dont les autres nations se sont le plus souvent affranchies. D'autres peuples ont suivi le même sort : l'Autriche a perdu son empire et n'est depuis qu'à peine l'ombre de ce qu'elle fut ; l'Angleterre, île du grand large, mal amarrée au port.

Il y a donc 100 ans, on allait un jour récupérer l'Alsace et la Lorraine. On allait les reprendre aux Boches. On n'avait pas peur, et la revanche était même un des liens politiques les plus forts du pays si divisé par ailleurs.

Ainsi, cet anniversaire du 11 novembre est déjà marqué par le centenaire du début de la Grande Guerre de 1914 et les premiers préparatifs ont commencé. Cela appelle réflexion.

D'abord, je ne suis pas sûr que le sujet passionne les autres pays belligérants de l'époque, y compris chez les vainqueurs.

L'engouement un peu provoqué, en particulier auprès des communes, s'il souligne la bonne volonté, ne montre pas toujours une grande inventivité. Il montre aussi des oublis, un gommage, une relecture des faits de cette époque qui tournent au contresens si ce n'est à la trahison de la pensée, du courage, du sacrifice des Français de cette époque.

L'Histoire, il est vrai, se laisse raconter, mais le peu que nous ayons vu à ce jour traduit à mon sens un travers permanent de la société française, qui est de prendre pour un exercice intellectuel supérieur le fait de se critiquer publiquement et d'y prendre une réelle satisfaction.

Les théologiens du moyen-âge avaient défini cette tare de l'esprit : la délectation morose. Je suis mauvais, médiocre, faux : et je m'en réjouis, je me gonfle de mes défauts et de leur dénonciation.

Ainsi on ressort la triste affaire des fusillés pour l'exemple avec de la part d'intellectuels qui se veulent éminents, l'évocation de la faute de la France. Ah, que c'est bon d'accabler son pays !

On s'étonne ensuite que les jeunes rechignent et que les étrangers goguenardent !

Il y en aura d'autres toutes aussi irréparables de ces affaires pourries que génère chaque conflit, mais 3 ou 4 générations plus tard, quel droit avons-nous à juger ? Quelle objectivité prétendons-nous apporter ?

Tous ils sont morts, et nuls ne re-seront.

Chacun ira de sa parole : sic transit ; autant en emporte le vent ; vent de l'histoire ; chacun selon sa culture mais le respect de tous ces hommes, femmes et enfants : nos aïeux, dont nous n'héritons ni les faiblesses, ni la gloire. Le respect, c'est ce que nous leur devons.

Dans cet esprit, j'ai demandé que l'on prépare ce centième anniversaire du début de la guerre de 14, de la première guerre mondiale. Un groupe de travail est constitué avec les élus et les services municipaux concernés, et il fera un appel à tous ceux qui souhaiteront participer.

Il ne s'agira pas de réécrire l'histoire, d'en tirer des conclusions aussi éphémères que de circonstance, mais d'évoquer et de comprendre une époque et des hommes déjà si éloignés de nous.

Hommage et respect pour ce qu'ils ont vénéré : la gloire de la patrie.

Gilbert Menut

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