Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Inauguration du rond-point de l'Europe

Publié le par Talant Avenir

IMG_6947.JPGSamedi 17 mars 2012,

 

Mesdames, Messieurs, chers amis

 

Sept drapeaux qui flottent sur Talant, représentant six nations rassemblées en une même unité : l’Europe. L’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, voici 55 ans, à Rome, signaient l’acte fondateur de l’Union Européenne sous le regard intrigué ou goguenard des autres nations du monde.

Rappelons-nous l’état du monde en 1957 ! L’Europe coupée en deux, moitié dans le bloc occidental, moitié dans le bloc soviétique. Des économies en redéveloppement. Des alliances bloquées. La France coincée dans les dernières guerres coloniales. L’Allemagne coupée en deux. Des peuples ayant perdu beaucoup d’illusions. Tout pour que rien ne marche et en voilà six qui signent ce traité curieux, pas seulement économique, pas clairement politique, mais rempli d’une profonde ambition : établir les bases d’entente et de travail commun entre nations qui payaient au prix fort leurs querelles, leurs erreurs, d’une certaine façon leurs péchés !

Un traité des faibles pour retrouver ensemble les voies de l’avenir que personne ne souhaitait nous voir tracer à nouveau. L’Europe n’était plus qu’un champ de manœuvre partagé par les grands. Le monde occidental, c’était les USA. En face, l’Union soviétique.

Quelle idée de redonner de la chaleur aux cendres !

Eh bien ! L’idée a fait son chemin. De traités en traités, de discussions en discussions, de concessions en concessions et de succès en succès, l’idée s’est renforcée.

Je citerai deux exemples : sans cela, il n’y aurait pas eu de Traité de l’Elysée entre le chancelier Adenauer et le général De Gaulle, mais sans ce traité, nous ne serions pas là et le présent de nos deux pays ne serait pas le même.

Et puis je citerai, même si cela paraît, en ces jours, une provocation : l’euro, cette étonnante réussite. Oui, réussite ! Les spéculateurs financiers n’en donnaient pas chers car ils n’en voulaient pas de cette monnaie, qui réduit leur champ d’action.

L’Allemagne et les Allemands l’ont accepté. Aujourd’hui, il est le bateau qui nous tient à flot. Sans cet euro, où en serions-nous dans cette crise ? Je parle pour la France, mais c’est vrai pour les autres nations, y compris l’Allemagne. A nous tous, on est tous plus gros. A nous tous, ils ne nous mangeront pas, ils mordront mais ne nous mangeront pas. Un par un, ou on y passera tous !

Voilà le sens de la manifestation d’aujourd’hui. L’anniversaire d’un geste qui a prospéré pour notre bien à tous.

 

Merci chers amis de Gimbsheim d’être ici aujourd’hui pour cette fête de l’Europe.

IMG_6949.JPG

Voir les commentaires

Discours prononcé en ouverture de la Journée nationale des Réserves

Publié le par Talant Avenir

 Jeudi 15 mars 2012, salle des séances du Conseil général de la Côte d’Or, ouverture de la conférence de l’Amiral BEREAU, en représentation du Président François Sauvadet.

 

Amiral, messieurs les Officiers Généraux

Mon colonel, mesdames et messieurs les officiers

Mesdames et messieurs les sous officiers

Monsieur le Recteur

Mesdames, messieurs les élus

Mesdames et messieurs,

 

Je tiens tout d’abord à excuser François SAUVADET, Ministre et Président du Conseil Général de la Côte-d'Or, qui n’a pu être des nôtres aujourd’hui, mais qui m’a demandé de le représenter, ce que j’ai accepté avec grand plaisir.

 

C’est en effet un très grand honneur pour moi de vous recevoir ici aujourd’hui. Il est assez peu fréquent, que notre salle des séances accueille un haut représentant de la Marine Nationale.

 

Notre région eut deux fois dans son histoire le bénéfice d’un patrimoine côtier :

 

-         sous le règne des rois de Bourgogne Rodolphe II à Rodolphe III, soit de 900 à 1032, le royaume de Bourgogne s’étendant jusque Arles, Marseille et Nice

 

-         Sous le règne des ducs de Bourgognes de 1384 à 1477, le territoire bourguignon s’étendait jusqu’aux Pays-Bas !

 

Hormis ces deux époques, on ne peut que constater que la géographie de notre département, se prête peu à l’histoire maritime.

 

Cependant même si la Côte d’Or n’est pas un département côtier, je n’oublie pas qu’aujourd’hui :

-         la ville de DIJON parraine la frégate antiaérienne Cassard

-         et la ville de BEAUNE le bâtiment d'essais et de mesures Monge

-         que de nombreux jeunes côte-d’oriens servent leur pays sur les nombreux bâtiments  de la Marine Nationale.

-         que la Préparation Militaire Marine Second Maître Denommay de DIJON accueille chaque année une trentaine de jeunes stagiaires.

 

C’est à eux tout d’abord que je voudrais rendre un premier hommage en cette journée nationale des réserves.

 

Avec leurs camardes des Préparations Militaires de l’armée de Terre, de l’Air et de la Gendarmerie, ils incarnent l’avenir de la réserve opérationnelle et citoyenne.

Ils incarnent également magnifiquement cet « engagement citoyen » dont vous allez nous entretenir.

 

Je ne doute pas que la plupart d’entre eux, s’ils ne s’engagent dans l’armée d’active, rejoindront les 50 000 réservistes opérationnels et les 21 000 réservistes citoyens.

 

C’est d’ailleurs à tous ces réservistes, dont Winston CHURCHILL disait qu’ils sont deux fois citoyens, que je veux également rendre hommage aujourd’hui.

 

A ces hommes et à ces femmes qui concilient à la fois vie professionnelle, vie familiale et engagement au profit de la France et de sa sécurité.

La professionnalisation des armées a profondément transformé la mission des réservistes.

 

D’une mission que je qualifierai de « veille armée » face aux forces du pacte de Varsovie, je constate que l’engagement des réservistes est devenu plus opérationnel et davantage intégré aux structures de l’armée d’active.

 

Cette armée a connu de nombreuses transformations, on pourrait même parler de révolutions, ces 20 dernières années, transformations qu’elle a su intégrer avec un professionnalisme et une compétence hors normes.

Dans un pays où la réforme est, paraît-il, impossible, ce que certains corps s’acharnent à démontrer, les armées font preuve d’une grande adaptabilité.

 

La réserve militaire et les réservistes, à ce titre, sont tout autant dignes des mêmes éloges car leurs missions et métiers ont radicalement changé sans que leur motivation et leur désir de servir ne soient remis en cause.

 

En cela je peux affirmer que cette belle qualité d’adaptation qui fait la force de nos armées et suscite le respect de nos alliés, est une qualité également partagée par les personnels d’active et de réserve.

 

Il est donc juste que la Nation accorde à ces personnels de réserve une journée de reconnaissance.

 

A l’instar de grandes démocraties comme les Etats-Unis, le Canada ou la Grande-Bretagne, la France tend, et c’est justice, de plus en plus à reconnaître le rôle spécifique et essentiel des réservistes.

 

Leur engagement, leur motivation, leur compétence et leur disponibilité sont autant d’atouts essentiels pour que notre outil de Défense reste un outil de qualité reconnu et respecté.

 

52 000 réservistes, opérationnels ou citoyens, ce sont également 52 000 avocats et défenseurs du lien Armée-Nation. Ce lien, depuis la professionnalisation des armées, est à réinventer.

 

Certes, et c’est une chance, les militaires et l’armée jouissent dans notre pays d’une bonne image. Nos concitoyens leur accordent massivement leur confiance et ils ont raison.

 

Nos engagements récents en Afghanistan, en Lybie, en Côte-D’ivoire ou en Corne d’Afrique, ont démontré le haut niveau de compétences de nos militaires.

 

Il apparaît néanmoins que nos concitoyens connaissent mal notre effort de défense, ce qu’il implique, la disponibilité exigée, son coût nécessaire.

 

Cette sensibilisation est d’abord le travail de nos réservistes, à la fois familiers des questions de défense et mieux intégrés dans leur environnement professionnel et social.

 

Ils sont, j’oserai le mot, des combattants de première ligne pour la préservation, le développement du lien armée-nation et la diffusion de l’esprit de défense.

 

Je ne voudrais pas clore ce discours sans une pensée pour tous nos soldats actuellement engagés en opération extérieure, parfois, d’ailleurs avec le soutien de réservistes.

 

J’aurai également une pensée particulièrement émue pour ceux qui sont morts pour la France dans l’exercice de leur mission, de leur devoir.

 

Un pays comme le nôtre n’a pas à avoir peur des questions de défense.

 

La France, de par son histoire,  les valeurs qu’elle porte et ses alliances, se doit d’assumer son rôle, en Europe et dans le monde.

 

Ceci est contraignant et parfois coûteux en vies humaines. Il est pourtant nécessaire car la France doit garder son rôle moteur en matière militaire dans la construction de l’Europe de la Défense que j’appelle de mes vœux.

 

Mesdames et messieurs les réservistes de la réserve opérationnelle et citoyenne, vous participez pleinement à cet effort. 

 

Vous donnez au mot « servir » toutes ses lettres de noblesse. Je vous en suis très reconnaissant et je souhaite, en conclusion, vous renouveler toutes mes félicitations.

 

Voir les commentaires

50ème anniversaire du cessez-le-feu de la Guerre d’Algérie

Publié le par Talant Avenir

Talant, le 19 mars 2012

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

 

Le 19 mars 1962 était signé le cessez-le-feu, les accords d’Evian, vous direz les uns et les autres comme vous voudrez et mon propos ne s’en soucie guère, pas plus qu’il ne se soucie de toutes les exégèses de ces documents signés entre gouvernements officiels ou officieux, entre les parties au conflit pour rester plus généraliste, car le plus important n’est pas là.

 

Le plus important est dans la situation nouvelle qu’il créait. Mettant fin à la guerre d’Algérie, il mettait fin à l’histoire coloniale de la France et à l’engagement de notre armée, de vous –les soldats de cette époque- au combat.

 

Là encore discuter des évènements ou de la guerre peu importe, la Paix enfin était revenue que depuis 1939 la France n’avait pas connue : la 2ème guerre mondiale combien douloureuse puis les guerres de l’extrême Orient, Corée, Indochine et enfin l’Algérie. Dans certaines, l’enjeu était déjà la rivalité entre l’Est et l’Ouest, la Russie Soviétique et les Alliés occidentaux ; dans les autres, il s’agissait surtout de l’impraticable désengagement de la France de l’époque coloniale. Tous les autres pays, dont l’Angleterre, s’en étaient retirés et même dans bien des cas la France aussi de manière beaucoup moins pénible, beaucoup moins meurtrière. Les relations avec les pays d’où l’on est parti tranquillement ont permis d’organiser l’avenir et de nombreux développements. Avec les autres, elles sont restées tellement bloquées ! Mais enfin la paix était revenue et militairement l’armée française et les soldats français pouvaient garder la tête haute. Les politiciens, c’est autre chose. Ceux de la 4ème République, que l’on a revu encore si longtemps après, en effet c’est autre chose. La personnalité du Général de Gaulle a permis de surmonter l’épreuve, d’assumer le changement de cap, de cristalliser une confiance populaire indispensable et si facilement dispersée.

 

L’autre aspect important, c’était l’étape indispensable au retour de la Paix, à la fin des morts, au règne de la vie civile ; dans le même temps, la guerre s’est « bunkerisée » avec la guerre froide et l’équilibre de la terreur.

Les choses sont en train de changer mais cet état nous a mis aux portes de 50 ans de Paix ininterrompue. La période paisible précédente remonte à 1871 : 1871-1914. Après, l’Europe s’est suicidée. Le record si l’on peut dire est battu mais rien n’est acquis.

 

En tout cas, avec vos paquetages, vous avez ramené ici la Paix, la vraie : c’est-à-dire quand il n’y a pas de guerre même si depuis la France a participé à maints conflits et participe encore aujourd’hui, souvent efficacement. Il est de bon ton de dénoncer la France Afrique. Pour être honnête, on devrait aussi évoquer le rôle équilibrant joué dans ces pays : en d’autres temps, on en a même fait un film. Aujourd’hui, il n’est pas politiquement correct d’en parler !

 

Vous avez retrouvé vos familles. On savait que les frères plus jeunes, les voisins en âge ne partiraient pas. On ressentait qu’on allait enfin mettre notre énergie au service d’autre chose et il est vrai que les années qui suivirent ont permis un grand développement économique. Les générations suivantes n’ont plus connu jusqu’à maintenant l’inquiétude de ces temps-là. Nous recevions samedi dernier nos jumeaux allemands. Tout le monde ressent le besoin de faire perdurer dans des temps difficiles les acquis de relations chaleureuses entre pays voisins aux sorts évidemment liés. Tout cela a été possible car vous avez fait ce qui devait l’être en ce temps –vous n’avez pas déserté- puis vous avez fait au retour ce qui était nécessaire, reconstruisant les bases d’un pays ébranlé. La tâche n’est pas finie, elle est perpétuelle, elle n’aura d’utilité réelle que si elle continue et vous avez votre rôle à jouer pour que ce que je dis aujourd’hui soit encore audible demain, c’est-à-dire que le fil de la mémoire ne soit pas rompu.

 

Evènements oubliés, amnésie organisée, enseignements lacunaires, autant de risques de troubles de mémoire.

 

La mémoire n’est pas le culte du passé. Il n’y a pas à idéaliser ceci ou cela. Le bon vieux temps n’existe pas mais le présent est en ces jours difficiles et un futur obscur à nos yeux est à préparer.

 

La dernière génération du feu, comme l’on dit, a une obligation particulière. Notre devoir est de vous aider, pour la France, à y satisfaire.

 

Nous vous remercions de ce que vous représentez et vous assurons de notre entier soutien.

 

Voir les commentaires