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Commémoration du 8 mai 1945

Publié le par Talant Avenir

 

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Talant, le mardi 8 mai 2012,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur l’officier représentant le DMD

Madame la représentante de M. le Directeur départemental de la sécurité publique,

Mesdames et Messieurs les Présidents

Mesdames et Messieurs,

Chers enfants des écoles et du collège,

 

Je saluerai aussi les sapeurs-pompiers et les Jeunes Sapeurs Pompiers, l’Harmonie et nos trois fidèles porte-drapeaux,

Vous tous ensemble,

Chers amis,

 

Nous sommes rassemblés le 8 mai pour marquer la fin de la 2e guerre mondiale, la fin des combats qui ravagèrent, pour la deuxième fois en 40 ans, l’Europe au cours du 20e siècle ! Mais que recouvre aussi cette date, et peut être, surtout : avec le retour de

la Paix, le retour de la Liberté. Il est si rare de les avoir sur une aussi longue période.

Tout, depuis, ne fût pas facile, ni parfaitement clair, mais la voie ouverte lors de ce 8 mai 1945 n’a jamais cessé de s’élargir, de s’agrandir, les années passées permettant de sortir des épreuves (on se rappellera les dernières guerres coloniales) et d’amélio

rer constamment notre condition sociale et matérielle.

Cependant, l’inquiétude apparaît : les choses pourront-elles continuer ainsi ? J’évoquais, voici dix jours, pour le Souvenir des Déportés, les inquiétudes sourdes des témoins de ce temps. Les conditions économiques, cet onguent qui cicatrise si bien les plaies, sont devenues vinaigre et sel, qui irritent, avivent, mais n’adoucissent pas. Notre pays n’est pas le plus éprouvé. Comme dans la fable des animaux malades de la peste : « tous ne sont pas morts mais en sont atteints » et nou

s sommes de ceux-là.

Les évènements récents ont montré qui notre pays, que le peuple français, pouvait, dans ces difficultés, vivre des évènements démocratiques dans le respect de ses institutions. On voit dans d’autres pays européens, plus touchés, et de longue date, avec des traditions et des institutions plus fragiles, une tournure inquiétante. Il faut se dire que nous ne sommes pas non plus à l’abri ! Que chez nous aussi, même si jusqu’ici ça tient, et on vient de le montrer, des difficultés plus grandes pourraient créer des tensions plus fortes, quand nous serons de moins en moins en mesure d’y résister.

De tous côtés, de toutes tendances, il n’y aura qu’une façon de ne pas être emporté : garder à l’esprit la grande expérience dont c’est l’anniversaire aujourd’hui. Pour faire que l’Histoire ne radote pas, pour agir dans le respect de chacun, tous, ayons au cœur la Paix intérieure et extérieure pour la France et l’Europe, et, pour chaque citoyen, comme nos parents nous l’ont donnée : la Liberté.

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Souvenir de la Déportation

Publié le par Talant Avenir

 

Talant, le 29 avril 2012

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Messieurs les Officiers,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs,

 

Le souvenir de la Déportation nous rassemble au dernier dimanche d’avril devant ce monument bien particulier. Ce n’est pas un monument aux morts. Il n’est dressé à aucune gloire. Il est le rappel d’un phénomène effrayant qui a ravagé la civilisation occidentale, voici quelques 70 ans. La déportation, même à cette époque, n’était pas une méthode nouvelle d’éliminer les opposants mais le milieu du 20e siècle en a vu l’organisation industrielle : méthodes de rafles et d’arrestations, justice expéditive ou absence de toute action judiciaire, critères politiques ou raciaux ou idéologiques, mobilisation de grands moyens de transport et au terme, exploitation d’une population réduite  à un abominable esclavage ou élimination pure et simple sur un mode industrialisé. Un monde sordide de violence, de profit et de honte : honte infligée aux victimes et honte méritée pour les auteurs.

Ce phénomène en Allemagne mais aussi le goulag sont une plaie pour l’Occident, même si l’Occident a trouvé en lui les moyens et la volonté d’y mettre fin.

Cependant, là est une grande énigme de l’avenir.

Est-ce bien la fin ? Le mal n’est-il pas tout prêt à revenir ?.

N’y a-t-il pas des raisons d’inquiétude lorsque les témoins de cette époque sont eux-mêmes angoissés ?. Ce ne sont pourtant pas des petites natures : ils ont en leur temps pris les risques, subi le pire ; ils sont longtemps restés incompris ; ils parlent aujourd’hui.

Ainsi Madame Michèle Agniel ancienne déportée-résistante, arrêtée à moins de 20 ans en 1943 dit aujourd’hui : « Je dois vous avouer que ce que nous vivons depuis quelques années en matière économique, ça ressemble tellement aux années trente que j’en suis effrayée ! Normalement, je suis très optimiste mais là, on est dans un creux… Quand allons-nous réagir ? Je ne sais pas ». Ou encore ce témoignage d’Etienne Lafond lui aussi déporté-résistant, âgé de 92 ans. Il dit : « L’époque que nous vivons représente à mes yeux un véritable gâchis… Je pense qu’au fond, la guerre ne s’est jamais terminée. Elle est toujours là, sous un autre visage. J’ai bien peur que le monde rebascule un jour prochain dans la barbarie ».

Chez eux, il n’y a ni peur pour eux-mêmes ni résignation mais une grande inquiétude que l’expérience de leur vie et l’âge, avec calme, leur fait pressentir.

Saurons-nous après eux tenir la place qu’il faut dans un monde en chahut où d’autres ont cru un moment recueillir les dividendes de la paix ?

Je ne saurais terminer sans évoquer le souvenir de Jean Le Bris. Son nom est encore inscrit sur le carton de l’invitation d’aujourd’hui. Il n’espérait pas pouvoir venir. Il est décédé quelques jours plus tard. Ainsi il nous invite mais n’est déjà plus là. Vous ne verrez plus son nom. Vous n’aurez que votre mémoire. Je vous rappellerai aussi René Santot qui est parti voici 4 ans. Un à un, ils ne sont plus venus, malades ou disparus, et la solitude s’installe autour de notre petite troupe. C’est comme cela mais la leçon d’histoire dont ils ont été les acteurs doit rester, toujours rester, pour éviter de sombres retours.

Gilbert Menut

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