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Affaire DSK

Publié le par Talant Avenir

  M. Badinter avait raison

 

Robert Badinter est apparu à la télévision parmi quelques journalistes échauffés par l’affaire DSK à ses tout débuts. Il était triste, retenu, comme un sphinx malheureux. Dans le brouhaha et les surenchères à propos de la justice américaine si libre, si forte, si osée comme nul ne l’oserait en France, il a rappelé deux choses en substance : l’une que rien n’était plus dangereux que la justice élective, où le procureur doit penser toujours à sa réélection. D’autre part, que la présomption d’innocence était une notion grave et fragile, qui devrait dominer nos propos et nos réflexions.

Puis, il se tut. Puis, il y eut un court silence embarrassé. Puis, tout est reparti comme avant.

Alors, monsieur Badinter n’a plus rien dit, pas même une sainte colère ni même quelques principes bien assénés comme il sait le faire. Il arrive des moments peut-être simplement de ras le bol… même quand on est un grand personnage.

Je ne l’ai plus entendu, vu ou lu sur cette affaire dont on voit comme elle tourne. La justice américaine est une justice d’élus et d’avocats qui montent et démontent des dossiers sans la moindre retenue vis-à-vis des plaignants et des suspects. C’est une justice d’intérêts.

En France, quand le magistrat rend son jugement, c’est un acte un peu divin, du moins d’ordre supérieur… Il reste à la magistrature quelque chose d’un clergé avec ses rites et son langage.

Comme il le fit en comparant Windows à d’autres systèmes, Umberto Eco démontrant que les uns sont catholiques et les autres protestants, verrait chez nous une justice sans doute catholique… bien sûr, ce n’est que de sensibilité, de façon d’être et non d’appartenance idéologique ou spirituelle.

Toutefois, la forme n’est pas sans influence sur le fond. En Amérique, avec une justice d’intérêts, où l’argent et les fonctions sont les principaux ressorts, on verra les choses se terminer par une somme d’argent qui ne sera pas le dédommagement du préjudice, mais le prix du retour au silence. Il y eut 40 deniers, un plat de lentilles. Il y aura là-bas une poignée de dollars, quand il y aurait eu ici peut-être un euro… symbolique ! Quand on vous dit que l’on est dans un monde catholique !

Quoi qu’il en soit, on aurait dû dès le début écouter Robert Badinter : que de sottises évitées et de dignité préservée !

 

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