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Conseil municipal du 13 décembre 2011

Publié le par Talant Avenir

Discours de Gilbert Menut en conclusion de l'adoption du budget primitif 2012

 

Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,

 

Nous arrivons au terme de ce débat. Tous les avis ont été donnés et les commentaires ont traduit les clivages habituels de cette assemblée. Le grand acte annuel de la gestion municipale a donc eu lieu après le débat d’orientation budgétaire. Tout est parfaitement en ordre dans la forme et dans le fond du débat démocratique.

 

Ce budget répond aux obligations administratives et légales. Il est équilibré globalement. Il est équilibré pour chaque section. Les amortissements permettent d’abonder pour près de 2 millions d’euros les recettes d’investissement. Il n’y a pas de virement à la section d’investissement mais il n’y a pas non plus de reprise anticipée du résultat. Nous sommes justes en dépenses avec une bouée en recettes.

 

Il est de plus sincère, chaque somme annoncée étant justifiée. Cerise sur le gâteau, l’emprunt d’équilibre est de 500 000 € : une prouesse. Equilibre, sincérité, désendettement : c’est le roi des budgets. On aurait même pu se donner un peu de mou : porter l’emprunt d’équilibre à 2 millions d’euros. L’endettement s’en serait à peine ressenti et l’on faisait avec quelques subventions glanées ici ou là, 2,5 millions d’euros de travaux en plus.

 

On pouvait d’autant mieux le faire que la capacité de désendettement reste raisonnable, que nos taux sont faible avec une moyenne autour de 2,7 %, que la qualité des emprunts est incontestable classés A1 ou A2 les 2 premiers degrés d’une échelle qui va jusqu’à F6, ça c’est quand vous empruntez aux Iles Caïmans ! ce qui montre, soit dit au passage, que Dexia n’a pas vendu que de mauvais produits et en tous cas n’a obligé personne à en acheter. Cette affaire est en grande partie un montage politique pour faire oublier la légèreté de quelques-uns en région parisienne par exemple, leur vrai problème étant leur surendettement ! mais revenons à notre budget.

 

Il a donc, hormis les reproches traditionnels faits à notre gestion, toutes les qualités politiques et administratives. D’ailleurs en démocratie, les reproches sont un ingrédient indispensable à la qualité de l’ensemble. Et pourtant, nul ne semble se poser la seule question qui vaille : sauf M. WEBER sans doute, est-il réalisable ? Est-il exécutable ? Sera-t-il réalisé tel qu’il est présenté ? Ce sera la grande question de tous les budgets des collectivités locales cette année. Ce que l’on va voter, va-t-on pouvoir le réaliser ? Ce n’est pas sûr. Pour notre part, nous avons une soupape de sécurité :

 

Les emprunts nécessaires à notre trésorerie sont déjà budgétés, contractualisés et attendent d’être engagés ; les emprunts nouveaux sont importants et on peut raisonnablement penser les obtenir mais aussi, comme je l’ai indiqué lors du DOB, nous aurons 2 catégories d’investissements : une hiérarchie de l’urgence, ceux de l’ANRU par exemple, programme qui ne peut, ne doit s’arrêter et puis d’autres qui sauront attendre au cas où les recettes se feraient rares, qu’il s’agisse de l’impôt, qu’il s’agisse de l’emprunt. Nous sommes à priori peu menacés pour tout ce que j’ai dit plus haut mais d’autres le seront certainement, qui misent encore sur les vieux raisonnements de la relance par la dette.

 

L’Etat a pris la mesure de l’enjeu pour mettre en place des dispositifs qui permettront aux collectivités locales d’emprunter : c’est dire le niveau d’intoxication où nous sommes et l’intoxication ne vient pas de la qualité mais de la quantité des emprunts !

 

Pour notre part, quoi qu’il en soit, et il faut que vous se sachiez, avant de voter, pour ou contre d’ailleurs, nous n’irons pas à l’aventure :

 

Si les recettes ne sont pas là, nous n’emprunterons pas davantage, si les emprunts ne sont pas là, dans des conditions convenables, nous n’emprunterons pas à des taux aussi élevés qu’exotiques –retour aux Iles Caïmans- En un mot, si ça se passe mal, ce qu’il ne faut pas souhaiter mais qu’on doit envisager, on réduira les investissements voire le fonctionnement. Ce sera désagréable mais il ne peut être question après deux grosses années financières d’obérer l’avenir.

 

Attendez-vous à un budget supplémentaire de restriction, si c’est nécessaire !

 

D’autres incrimineront l’état, les banques, la crise : c’est plus facile que de faire ce qui doit être fait ! ils ne voudront pas voir au plus dur encore reconnaître. Je m’engage pour ma part à vous proposer dans l’année les mesures même désagréables qui s’avèreront éventuellement nécessaires. Ainsi, Chers Collègues, vous pouvez voter un budget modeste, équilibré et sincère accompagné de l’engagement d’y revenir dans la prudence et la durabilité, si la situation de crise le rend indispensable.

 

Je vous remercie de votre attention.

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