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Discours prononcé en ouverture de la Journée nationale des Réserves

Publié le par Talant Avenir

 Jeudi 15 mars 2012, salle des séances du Conseil général de la Côte d’Or, ouverture de la conférence de l’Amiral BEREAU, en représentation du Président François Sauvadet.

 

Amiral, messieurs les Officiers Généraux

Mon colonel, mesdames et messieurs les officiers

Mesdames et messieurs les sous officiers

Monsieur le Recteur

Mesdames, messieurs les élus

Mesdames et messieurs,

 

Je tiens tout d’abord à excuser François SAUVADET, Ministre et Président du Conseil Général de la Côte-d'Or, qui n’a pu être des nôtres aujourd’hui, mais qui m’a demandé de le représenter, ce que j’ai accepté avec grand plaisir.

 

C’est en effet un très grand honneur pour moi de vous recevoir ici aujourd’hui. Il est assez peu fréquent, que notre salle des séances accueille un haut représentant de la Marine Nationale.

 

Notre région eut deux fois dans son histoire le bénéfice d’un patrimoine côtier :

 

-         sous le règne des rois de Bourgogne Rodolphe II à Rodolphe III, soit de 900 à 1032, le royaume de Bourgogne s’étendant jusque Arles, Marseille et Nice

 

-         Sous le règne des ducs de Bourgognes de 1384 à 1477, le territoire bourguignon s’étendait jusqu’aux Pays-Bas !

 

Hormis ces deux époques, on ne peut que constater que la géographie de notre département, se prête peu à l’histoire maritime.

 

Cependant même si la Côte d’Or n’est pas un département côtier, je n’oublie pas qu’aujourd’hui :

-         la ville de DIJON parraine la frégate antiaérienne Cassard

-         et la ville de BEAUNE le bâtiment d'essais et de mesures Monge

-         que de nombreux jeunes côte-d’oriens servent leur pays sur les nombreux bâtiments  de la Marine Nationale.

-         que la Préparation Militaire Marine Second Maître Denommay de DIJON accueille chaque année une trentaine de jeunes stagiaires.

 

C’est à eux tout d’abord que je voudrais rendre un premier hommage en cette journée nationale des réserves.

 

Avec leurs camardes des Préparations Militaires de l’armée de Terre, de l’Air et de la Gendarmerie, ils incarnent l’avenir de la réserve opérationnelle et citoyenne.

Ils incarnent également magnifiquement cet « engagement citoyen » dont vous allez nous entretenir.

 

Je ne doute pas que la plupart d’entre eux, s’ils ne s’engagent dans l’armée d’active, rejoindront les 50 000 réservistes opérationnels et les 21 000 réservistes citoyens.

 

C’est d’ailleurs à tous ces réservistes, dont Winston CHURCHILL disait qu’ils sont deux fois citoyens, que je veux également rendre hommage aujourd’hui.

 

A ces hommes et à ces femmes qui concilient à la fois vie professionnelle, vie familiale et engagement au profit de la France et de sa sécurité.

La professionnalisation des armées a profondément transformé la mission des réservistes.

 

D’une mission que je qualifierai de « veille armée » face aux forces du pacte de Varsovie, je constate que l’engagement des réservistes est devenu plus opérationnel et davantage intégré aux structures de l’armée d’active.

 

Cette armée a connu de nombreuses transformations, on pourrait même parler de révolutions, ces 20 dernières années, transformations qu’elle a su intégrer avec un professionnalisme et une compétence hors normes.

Dans un pays où la réforme est, paraît-il, impossible, ce que certains corps s’acharnent à démontrer, les armées font preuve d’une grande adaptabilité.

 

La réserve militaire et les réservistes, à ce titre, sont tout autant dignes des mêmes éloges car leurs missions et métiers ont radicalement changé sans que leur motivation et leur désir de servir ne soient remis en cause.

 

En cela je peux affirmer que cette belle qualité d’adaptation qui fait la force de nos armées et suscite le respect de nos alliés, est une qualité également partagée par les personnels d’active et de réserve.

 

Il est donc juste que la Nation accorde à ces personnels de réserve une journée de reconnaissance.

 

A l’instar de grandes démocraties comme les Etats-Unis, le Canada ou la Grande-Bretagne, la France tend, et c’est justice, de plus en plus à reconnaître le rôle spécifique et essentiel des réservistes.

 

Leur engagement, leur motivation, leur compétence et leur disponibilité sont autant d’atouts essentiels pour que notre outil de Défense reste un outil de qualité reconnu et respecté.

 

52 000 réservistes, opérationnels ou citoyens, ce sont également 52 000 avocats et défenseurs du lien Armée-Nation. Ce lien, depuis la professionnalisation des armées, est à réinventer.

 

Certes, et c’est une chance, les militaires et l’armée jouissent dans notre pays d’une bonne image. Nos concitoyens leur accordent massivement leur confiance et ils ont raison.

 

Nos engagements récents en Afghanistan, en Lybie, en Côte-D’ivoire ou en Corne d’Afrique, ont démontré le haut niveau de compétences de nos militaires.

 

Il apparaît néanmoins que nos concitoyens connaissent mal notre effort de défense, ce qu’il implique, la disponibilité exigée, son coût nécessaire.

 

Cette sensibilisation est d’abord le travail de nos réservistes, à la fois familiers des questions de défense et mieux intégrés dans leur environnement professionnel et social.

 

Ils sont, j’oserai le mot, des combattants de première ligne pour la préservation, le développement du lien armée-nation et la diffusion de l’esprit de défense.

 

Je ne voudrais pas clore ce discours sans une pensée pour tous nos soldats actuellement engagés en opération extérieure, parfois, d’ailleurs avec le soutien de réservistes.

 

J’aurai également une pensée particulièrement émue pour ceux qui sont morts pour la France dans l’exercice de leur mission, de leur devoir.

 

Un pays comme le nôtre n’a pas à avoir peur des questions de défense.

 

La France, de par son histoire,  les valeurs qu’elle porte et ses alliances, se doit d’assumer son rôle, en Europe et dans le monde.

 

Ceci est contraignant et parfois coûteux en vies humaines. Il est pourtant nécessaire car la France doit garder son rôle moteur en matière militaire dans la construction de l’Europe de la Défense que j’appelle de mes vœux.

 

Mesdames et messieurs les réservistes de la réserve opérationnelle et citoyenne, vous participez pleinement à cet effort. 

 

Vous donnez au mot « servir » toutes ses lettres de noblesse. Je vous en suis très reconnaissant et je souhaite, en conclusion, vous renouveler toutes mes félicitations.

 

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