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PLU : l'avenir urbain de Talant

Publié le par Talant Avenir

PLU : l'avenir urbain de Talant

Mesdames et Messieurs, Chers Collègues,

Nous arrivons au moment solennel du vote. Le choix des uns et des autres et la décision qui en ressortiront vont au-delà de la formalisation de la 2e étape de la révision de notre PLU. Le texte proposé à travers le labyrinthe des contraintes qui s’imposent à nous, à notre modeste échelle, traduit un vrai, un profond choix d’aménagement et donc à moyen terme de ville et in fine de société.

C’est un texte fort. Chacun doit l’approuver ou le rejeter sans indifférence car, il traduit des choix, des volontés, de vraies aspirations politiques et citoyennes.

(...)

Les principes que nous avions en tête n’ont pas été démentis par les citoyens. Au contraire, les avis exprimés nous ont encouragés à davantage d’audace.

Quelques points fondamentaux encadrent le tout, que je souhaite non pas présenter à nouveau mais mettre dans la perspective générale de notre agglomération, notre département, notre pays et le temps présent.

Le premier grand principe a été de fixer l’urbanisation là où elle est. Il n’y aura pas de nouvelles surfaces ouvertes à l’urbanisation. Notre ultime frontière, c’est la LiNo. Nous n’irons pas au-delà. La Ville en prend d’ailleurs les moyens à travers une politique foncière déterminée. De plus, nous conserverons tous les espaces de nature en deçà et il n’est pas question, même pour les meilleurs motifs, d’écorner le Parc de la Fontaine aux Fées comme d’aucuns en avaient eu l’idée.

Le deuxième principe est que nous voulons une commune qui continue d’accueillir tous les citoyens sans discrimination. Quel que soit son âge ou sa fortune, chacun doit pouvoir s’installer à Talant. C’est ainsi que, contrairement à d’autres, nous avons maintenu et même augmenté le nombre de logements sociaux ou accessibles à la propriété, de logements accompagnés. Certaines communes ont déstocké leur logement social, mais heureusement l’ANRU du ministre Borloo a mis un terme à cette pratique.

En troisième principe, nous ne voulons pas d’une densification de l’habitat qui dénaturera le cadre de vie auquel sont attachés les Talantais. Nous ne voulons pas de ces quartiers –même appelés "écoquartiers"– inaccessibles et tassés où les matériaux contemporains en quelques mois donnent l’aspect de baraques en bois. L'écologie des quartiers, c'est sûrement autre chose.

Faire du copié-collé de l'Allemagne du Nord ne me paraît pas la piste la plus prometteuse.

Tout ceci n'est qu'une approche du sujet.

Des critères extérieurs à prendre en compte et dont le contrôle nous échappe, s'imposent à nous. Par exemple, l'immobilier dans l'agglomération dijonnaise. Au-delà de la situation de crise actuelle, qui laisse sur le marché des centaines de logements neufs et invendus et amène à repousser à plus tard des projets d'autres centaines de logements, ce qui n'empêche pas des visions toujours grandioses –j'ai récemment entendu l'annonce de 600 logements d'un coup !– de la crise donc, qui si mais seulement si elle est bien une crise, finira pas s'arrêter, le problème de l'immobilier a sa nature même déterminée par la société dans ses évolutions. Si l'on peut dire, l'immobilier n'est plus ce qu'il était ou plutôt n'est pas ce que nous en attendions, c'est que l'immobilier dans une société rapide faite de relations humaines de plus en plus fugaces, se "mobilise" aussi. Le rêve de maison (la maison de famille) de nos parents n'était pas le rêve de notre génération (la maison sur son carré de terrain) et tout cela n'est déjà plus le rêve des jeunes générations pour qui l'immobilier est le moyen de se loger aujourd'hui, l'avenir restant à écrire. L'essor de la colocation est très symptomatique à cet égard. La relation au mobilier le confirme : on est passé en 30 ans de l'armoire normande de grand-maman au rangement éphémère d'Ikéa.

On est resté en France sur la ville du XIX° siècle mais la ville moderne n'est pas Paris, c'est Hong-Kong, la plus grande ville de célibataires au monde. L'immobilier ne sera pas le même.

Que l'on aime ou que l'on n'aime pas, on ne maîtrise pas, or dans ce mouvement, où est Talant ? Eh bien dans le mouvement si l'on peut dire, puisqu'on est passé de 2.9 à 1.9 habitants par logement en 30 ans ! J'ai écrit une note il y a quelque temps sur ces sujets ; je n'y reviens pas.

Autre approche : le site de l'agglomération dijonnaise, ou le bassin, la cuvette de Dijon. Est-ce le bon endroit pour développer une grande ville ? L'histoire nous rappelle que Dijon est restée une toute petite bourgade derrière Langres, Autun, Beaune, Nevers, pendant tous les siècles sauf les deux derniers. Qu'elle ne fut connue que par un hasard de l'histoire : être le berceau des Ducs de Bourgogne, et ne s'est développé que par un coup de génie : y amener le chemin de fer. Ce fut Darcy ! Le chemin de fer et l'eau.

Sur les transports, rappelez-vous quand le Bien Public, irrévérencieux –c'est ancien !–, titrait : "Dijon, ville de bretelles" ! L'autoroute allait à Beaune par un Paris-Lyon raccourci. Dijon ne fut raccordée que 15 ans après par des bretelles et on est seulement en train de terminer la 1ère tranche de la LiNo !

Voyez pour le TGV ! Pour l'avion ! ce sont les débats d'aujourd'hui, pour une bonne part, je le crains, combats d'arrière-garde.

Et pour l'eau : c'est la géographie cette fois qui s'étonne et enseigne que Dijon est une exception. Les grandes villes sont sur les grands fleuves ou en bord de mer, mais pas sur une rivière petite, inconstant affluent d'une rivière paresseuse, seule ressource stable mais lointaine et finalement elle aussi limitée !

D'ailleurs l'alimentation en eau est un problème d'agglomération clairement posé, le développement industriel est de ce fait clairement limité et déjà les limites sont atteintes quand on prévient des communes périphériques en l'occurrence au nord de l'agglomération, qu'il ne sera pas possible de subvenir à l'augmentation de leur consommation liée à leur agrandissement.

Il y a là une limite physique, que l'on n'a pas de moyens de surmonter.

On pourrait développer d'autres aspects encore : pourquoi notre agglomération et par ricochet notre commune, devraient connaître un boom de population quand la population nationale fait à peine mieux que stagner dans un contexte européen morose ? Quand la natalité, malgré les cocoricos de la statistique, ne va pas fort, quand certains de nos voisins vont perdre du monde, quand l'exode rural est terminé etc, etc. quand on est en fait dans un nouveau monde. Ce que je décris ici n'est pas à perte de vue, mais pour les 5 – 10 – 15 ans qui viennent : la durée de vie d'un PLU, qui en effet peut être plus courte si survient quelque détricoteur comme on en voit ailleurs…

Il est donc dangereux de s'attacher à des propositions de court terme, de 2 – 3 – 5 ans face à des problèmes de cycles plus longs et sans vraie répétition.

C'est à toutes ces interrogations qui sont autant d'opportunités que ce document cherche à répondre. Il sera soumis à l'appréciation des Talantais à travers l'enquête publique.

J'en terminerai en remerciant (...) les Talantais rencontrés lors de la concertation.

Je vous propose de passer au vote.

Résultat du vote

Le groupe Talant Avenir : pour

Le groupe Vivre Talant : abstention

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